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25 March 2019March 25, 2019

Inégalités : l'importance de poser les bonnes questions

La Presse+, p. web

Inégalités : l'importance de poser les bonnes questions

Un récent article a révélé la création d’un « nouvel organisme sans but lucratif et indépendant, l’Observatoire québécois des inégalités », dont la velléité serait d’être purement factuel et non idéologique. L’expérience nous dira si c’est effectivement le cas, mais l’entrevue réalisée par La Presse avec son directeur laissait transparaître de sa part un fort biais à gauche. Mais laissons la chance au coureur.

Si cet organisme se veut réellement un pur fact think, je le mets, poliment et respectueusement, au défi d’intégrer notamment dans sa grille d’analyse les questions suivantes : 

1) les personnes éduquées à haut revenu ont tendance à se mettre en couple avec quelqu’un qui est, lui aussi, éduqué et à haut revenu. Plusieurs études montrent qu’il s’agit là d’une source tangible d’inégalités, mais qu’est-ce à dire ? L’État devrait-il intervenir pour faire et défaire les couples ?

2) Il existe une corrélation importante entre le rang qu’un pays obtient sur l’index de la facilité de faire des affaires de la Banque mondiale – qui mesure les réglementations favorables et défavorables à l’activité commerciale – et le niveau de pauvreté qui prévaut dans ce pays.

Autrement dit, quand les entreprises sont en mesure de faire affaire dans un pays bénéficiant d’une bonne stabilité, de la règle de droit et d’une réglementation raisonnablement souple et prévisible, le pays en question a tendance à avoir un taux de pauvreté plus bas, et ses pauvres sont assurément moins pauvres. L’Observatoire aura-t-il la neutralité idéologique requise pour considérer les études et propos de nombreux jeunes leaders africains, dont la Sénégalaise Magatte Wade, qui exposent cette réalité ?

3) Le Bangladesh a un coefficient d’inégalités économiques (tel que calculé par la Banque mondiale) beaucoup plus bas que celui qui prévaut aux États-Unis, mais aussi un peu plus bas que celui qui prévaut au Canada. Est-ce à dire qu’il fait mieux vivre au Bangladesh qu’aux États-Unis ? Poser la question, c’est y répondre.

Améliorer les conditions de vie des personnes à faible revenu n’est-il pas le véritable objectif socialement louable plutôt que d’obséder sur l’égalité des résultats ?

4) La lourdeur de la réglementation sur les valeurs mobilières décourage plusieurs entreprises en démarrage (y compris certaines ayant une taille appréciable) de s’inscrire en Bourse, demeurant ainsi hors de portée pour les petits investisseurs. En limitant ainsi l’accès à leur capital à des investisseurs privés généralement déjà très fortunés, et donc aux occasions de gains qui en découlent, n’y a-t-il pas là une source potentielle de création d’inégalités ? Je n’ai pas la réponse à cette question, mais elle mérite au moins d’être posée.

En conclusion, un organisme de recherche en sciences sociales (qu’il soit réellement ou prétendument dénué d’une philosophie ou perspective particulière) a tout intérêt à s’affranchir de la grille d’analyse néo-marxiste qui prévaut (parfois explicitement, parfois implicitement) dans un grand nombre de départements de sciences sociales, et ce, afin de sortir des sentiers battus.

Michel Kelly-Gagnon is President and CEO of the Montreal Economic Institute. The views reflected in this op-ed are his own.


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