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L’IEDM dans les médias

Textes d'opinion

22 décembre 2018décembre 22, 2018

Noël est en solde!

Le Soleil, p. 31

Noël est en solde!

Au moment où vous lisez ces lignes, vous avez sûrement terminé vos achats de Noël. Sinon, bonne chance dans les jours qui viennent! Pendant votre magasinage, avez-vous eu l’impression que « tout coûte plus cher » ou que «votre pouvoir d’achat stagne», comme on l’entend souvent dans les conversations de salon ou dans les médias?

Au contraire, à peu près tout coûte moins cher aujourd’hui, si on compare à il y a une trentaine d’années.

Nous avons comparé les prix en 2018 d’un panier de biens qu’on pourrait offrir aujourd’hui en cadeau à Noël avec les prix de ces mêmes biens en 1984, en utilisant un catalogue de Distribution aux consommateurs de l’époque et le site Amazon.ca. Et, pour bien mesurer le pouvoir d’achat, nous avons également tenu compte du salaire horaire du travailleur canadien moyen en 1984 et en 2018.

Le but : établir combien de temps un individu devait travailler à l’époque pour se payer une console de jeu vidéo ou un téléviseur, par exemple, et combien de temps un individu doit travailler encore aujourd’hui pour se procurer ce même bien ou l’équivalent le plus proche. La comparaison ne se veut pas scientifique en soi, mais elle reste éclairante.

Le temps, c’est de l’argent

Par exemple, pour se payer un téléviseur couleur 20 pouces à tube cathodique, un salarié devait travailler 49 heures en 1984, soit plus d’une semaine de travail. En 2018, un travailleur peut s’acheter une télé couleur 20 pouces à écran plat en passant neuf heures au bureau ou à l’usine, soit à peine plus d’une journée de travail. (Il peut aussi la commander sur Internet!)

Un téléphone sans fil pour la maison nécessitait presque 10 heures de travail en 1984. En 2018, un salarié ne doit travailler que deux heures et quart pour acquérir un produit similaire, dont les capacités sont pourtant supérieures. Dans la même veine, une calculatrice scientifique Sharp coûtait, en temps de travail, quatre fois plus au salarié de 1984 qu’elle en coûte au salarié de 2018. Et la calculatrice « scientifique » de l’époque avait 61 fonctions… contre 640 pour celle d’aujourd’hui!

Même des biens de consommation qui n’ont pas de composante technologique importante représentent des aubaines aujourd’hui, quoique les écarts soient parfois moins spectaculaires. Par exemple, un petit congélateur (4 pi3) nécessitait 25 heures de travail en 1984, comparativement à 16 heures aujourd’hui. Le temps de travail nécessaire pour se procurer une scie circulaire (4,5 heures en 1984 contre 2,5 heures en 2018) ou un fer à repasser (3,5 heures en 1984 contre 2 heures en 2018) a aussi fortement diminué. Pour certains biens, le coût en heures aujourd’hui est toutefois presque le même qu’en 1984. Par exemple, un ensemble Lego de 335 pièces coûtait 2,9 heures de travail en 1984, alors qu’un autre ensemble comptant le même nombre de pièces coûte 2,7 heures de travail aujourd’hui.

Ainsi, en reconstruisant un panier de biens que l’on pourrait retrouver sous le sapin de Noël d’une famille, on constate que les biens du panier de 2018 coûtent environ moitié moins (47 %) que ceux de 1984, mesuré en heures.

De plus, dans la grande majorité des cas, les biens d’aujourd’hui sont de meilleure qualité et offrent un plus grand nombre de fonctionnalités. La plupart sont aussi moins énergivores et moins polluants que leurs prédécesseurs.

Pourquoi notre niveau de vie augmente-t-il?

Si le coût en temps de travail de biens de consommation typiques a eu tendance à baisser avec le temps, c’est principalement en raison de la hausse générale de la productivité. Les investissements des entreprises au fil du temps, de même que l’innovation technologique, permettent en effet d’augmenter la productivité tant des machines que celle des travailleurs, ces derniers disposant ainsi d’outils plus performants.

À ceci s’ajoute la croissance du capital humain, soit les connaissances et compétences que les travailleurs acquièrent par l’éducation, la formation et l’expérience, qui haussent la valeur du travail et, par effet d’entraînement, le salaire moyen. La concurrence et les gains d’efficience qu’a entraînés le commerce international ont également participé au phénomène.

On a parfois l’impression que le salarié moyen peine à joindre les deux bouts, et c’est vrai à certains égards; le prix de l’immobilier, par exemple, peut représenter un défi dans certaines villes. Cela ne doit pas faire oublier qu’à bien d’autres égards, nous n’avons jamais été aussi riches!

David Descôteaux est analyste en politiques publiques à l'Institut économique de Montréal. Il est l'auteur de « Noël coûte moins cher qu’auparavant » et signe ce texte à titre personnel.


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