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10 décembre 2018décembre 10, 2018

Que devrait faire le gouvernement Legault avec le surplus de 4 milliards du Québec? Il faut baisser les taux d'impôt, évidemment!

La Presse+, p. web

Que devrait faire le gouvernement Legault avec le surplus de 4 milliards du Québec? Il faut baisser les taux d'impôt, évidemment!

Surprise ! Le Québec a présenté un surplus budgétaire record. Les recettes ont été plus importantes que prévu, et il reste finalement plus d’argent que le gouvernement ne l’anticipait il y a à peine neuf mois.

Que faire avec le magot ? À en croire certains commentateurs, c’était le branle-bas de combat au ministère des Finances pour trouver quoi faire avec ce surplus « embarrassant », qui serait devenu un « problème ».

Soyons sérieux un moment. Le Québec est la province qui prélève le plus de recettes fiscales en proportion de son PIB, celle où la part du revenu personnel consacrée à l’impôt est la plus grande, celle où le taux d’imposition marginal maximal du revenu des particuliers est le plus élevé. Tout de même !

Que faire de ces surplus qui tombent du ciel ? C’est presque indécent de poser la question, tellement la réponse est évidente, à moins que payer plus d’impôt que partout ailleurs au pays ne soit devenu un objectif en soi. Bien sûr, il faut baisser l’impôt sur le revenu des particuliers !

Imposer moins, pour plus d'impôts

Nous avons déjà atteint le seuil où les augmentations font fuir les contribuables touchés. On l’a vu lorsque le gouvernement fédéral a relevé le taux marginal maximal ; l’année suivante, ses recettes fiscales avaient diminué, les « riches » ayant déclaré des revenus moindres. Au contraire, diminuer les taux d’imposition sur le revenu des individus, et en particulier le palier le plus élevé, pourrait à moyen terme augmenter les recettes de l’État au lieu de les réduire.

Pourquoi ? Pour les grands projets, qu’il s’agisse d’un investissement, d’une maison, ou de créer une entreprise, une mise de fonds est dans la plupart des cas nécessaire.

Quand l’État prend moins d’argent dans les poches des investisseurs potentiels, il leur en reste plus pour… investir.

À titre d’exemple, en 2015, plus de 70 % du capital de départ des entreprises canadiennes provenait des fonds personnels de l’entrepreneur.

Même dans une économie en bonne santé, les investissements rapportent des bénéfices, en augmentant la productivité et, au bout du compte, la richesse. Le Québec a du retard à rattraper en ces matières ; c’est ici, en outre, que le revenu disponible par habitant est le plus bas.

Évidemment, discuter des effets de la fiscalité ne suscite pas autant d’émotion que les appels à effacer les effets de l’« austérité ». Ce serait pourtant une erreur d’ouvrir à nouveau le robinet des dépenses. Si mettre plus d’argent dans les services publics suffisait à régler les problèmes, il n’y aurait plus de listes d’attente. Les dépenses en santé ont presque doublé depuis 25 ans, en tenant compte de l’inflation et de la croissance démographique. Trouvez-vous que ça saute aux yeux, lorsque vous entrez dans une salle d’urgence ?

Au lieu de recommencer à nourrir le monstre, il faut changer sa diète, alléger la bureaucratie et revoir l’organisation des services.

En attendant, prendre moins d’argent aux contribuables reste la meilleure façon d’améliorer notre situation.

Pour ceux qui doutent encore de l’importance de la fiscalité sur la richesse d’une nation, une citation : « Un niveau trop élevé d’impôt sur le revenu nuit à la création d’emplois, les particuliers et les entreprises préférant limiter leurs efforts productifs ou les déployer dans des régions où ces efforts sont moins taxés. Il y a donc un danger d’appauvrissement collectif et individuel lié à un trop lourd fardeau pour ceux et celles qui travaillent. » Les paroles sont celles de feu Bernard Landry, dans le discours du budget de 1998.

Mathieu Bédard est économiste à l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.

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