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Textes d'opinion

17 novembre 2018novembre 17, 2018

Bon curé, mauvais pusher : un film mettant en vedette le gouvernement

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Bon curé, mauvais pusher : un film mettant en vedette le gouvernement

Pas besoin d’aller au cinéma pour voir le film Bon curé, mauvais pusher; c’est le film de notre quotidien, au Québec. Un scénario basé sur une histoire vraie, comme on en fait plusieurs à Hollywood. Et la vedette dans tout ça fait quelque chose que personne d’autre ne peut faire : parler en même temps des deux côtés de la bouche.

SAQ

Lorsque sa grève de trois jours sera terminée, la SAQ – monopole d’État – n’hésitera pas à recommencer à vous bombarder de publicités puisque Noël approche, en vous incitant à acheter plus de vin et de spiritueux. On veut vous voir en grand nombre dans les succursales, ce qui en fin de compte va garnir les coffres du gouvernement. Mais en même temps, vous entendrez le gouvernement vous rappeler que ce n’est pas très bon pour la santé de prendre un p’tit coup. Éducalcool va en rajouter en vous rappelant que « la modération a bien meilleur goût ». On veut que vous dépensiez sans compter, mais aussi que vous vous sentiez un peu coupable de faire la fête.

Loto-Québec

Vous avez envie de jouer un p’tit deux piastres, ou de tenter votre chance au blackjack? Eh bien, les casinos du Québec  – un autre monopole d’État – vous attendent! Mais attention, le gouvernement vous rappellera aussi souvent qu’il le pourra que « le jeu doit rester un jeu ». Des publicités expliquent quoi faire, comment le faire, comment ne pas le faire, les dangers, etc.

Tout ça n’empêchera pas Loto-Québec d’être pas mal déçue si, à la fin de l’année, elle n'a pas généré au moins 1 milliard $ de profits grâce à sa clientèle captive.

SQDC

À l’alcool et au jeu, il faut maintenant ajouter le cannabis. Comme on le sait tous, le gouvernement, à travers le monopole de la SQDC, vend maintenant... de la drogue.

On peut donc voir en ce moment des campagnes d’information où l’État nous explique ce qu’on peut faire, ce qu’on ne peut pas faire (ne conduisez pas sous l’effet du cannabis, c’est dangereux, tient-on à nous rappeler. Vraiment?...). Certaines d’entre elles utilisent même un langage familier pour mettre en garde la jeune clientèle. On vous dit également où vous pouvez consommer, etc.

Mais on sait tous que l’État pense avoir trouvé une nouvelle « business » qu’il souhaite la plus rentable possible. Et pour s’assurer de collecter le maximum de revenus des consommateurs, le gouvernement interdit quiconque de le concurrencer. Pas d’autres entreprises dans le marché, pas le droit de faire pousser des plants de marijuana dans votre sous-sol (ce que permet pourtant la loi fédérale). Le seul pusher, c’est l’État. Qu’on se le dise !

Deux missions incompatibles

L’État ne peut simplement pas accomplir efficacement ces deux missions, soit générer des revenus grâce au vice et faire de la prévention face à ces mêmes vices. C’est contradictoire. Ce n’est pas parce que le gouvernement croit que la vente de certains produits doit être encadrée qu’il faut nécessairement que ce soit lui qui vende ces mêmes produits. 

Si c’est important pour l’État d’avoir des programmes de prévention, et c'est tout à fait raisonnable de le croire, il peut les mettre en place sans lui-même être le détaillant. 

L’État n’a rien à faire dans le commerce au détail. Les cafouillages de la SQDC dans les premières semaines d’activités en sont un autre exemple éloquent. D’ailleurs, les Québécois sont majoritairement en faveur de laisser les monopoles comme celui de l’alcool au secteur privé.

Au total, c’est près de 2,4 milliards $ que l’État a récoltés l’an dernier grâce nos vices,  sans compter les éventuels revenus que pourrait générer la vente de marijuana. Disons-le, le gouvernement veut votre bien, et il va l’avoir!

Il faut se poser une question importante : quelle mission est la plus importante pour l’État, s’assurer de générer toujours plus de revenus avec les produits du vice, ou s’occuper de la santé des citoyens? Il fait nul doute dans mon esprit que le gouvernement devrait encadrer le jeu, la vente d’alcool et celle de la marijuana, et assurer la mise en place de programmes de prévention et de soins. Mais on devrait laisser aux entrepreneurs la production, la distribution, la vente et la mise en marché de ces produits. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons avoir les meilleurs produits et services pour les consommateurs, et les meilleurs programmes de prévention et de soins pour ceux qui en ont besoin.

Comme le disait mon grand-père, à chacun son métier et les moutons seront bien gardés.

Jasmin Guénette est vice-président aux opérations de l'Institut économique de Montréal. Il signe ce texte à titre personnel.


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