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L’IEDM dans les médias

Textes d'opinion

12 octobre 2002octobre 12, 2002

Le marché, une solution simple

Les Affaires, p. 18

Le marché, une solution simple

Nous savons tous qu’il faut se méfier des gens qui croient avoir une réponse à tout. Comment peuvent-ils comprendre toutes les problématiques, connaître les détails de toutes les situations et prévoir toutes les conséquences?

Étrangement, dans les débats sur les politiques publiques, ce sont souvent ceux qui proposent une approche tenant compte des lois du marché qui sont accusés d’être des tenants de la « pensée unique », d’une solution uniforme à tout. Il n’y a pourtant rien de comparable entre une approche qui explique les mécanismes du libre marché et la conviction de certains individus de savoir mieux que leurs concitoyens ce qui est bon pour ces derniers.

Lorsqu’on recommande de laisser jouer les forces du marché pour résoudre un problème, on fait appel à un processus qui fait intervenir la créativité de millions de personnes possédant des expertises et des connaissances différentes. Il ne s’agit pas de recommander une solution unique, mais de laisser se dérouler un processus décentralisé d’essais et d’erreurs où plusieurs approches sont entreprises et testées. Les consommateurs, qui ont le dernier mot par leur décision d’acheter ou de ne pas acheter certaines solutions, choisissent ultimement celle qui est la mieux adaptée à leurs besoins.

Par contraste, les plans élaborés par les politiciens et les fonctionnaires les plus brillants et les mieux intentionnés ne font appel qu’à une petite fraction des connaissances pertinentes en comparaison avec le marché. Le marché est un processus flexible et décentralisé qui encourage la créativité et l’innovation. Il interdit à quiconque d’imposer unilatéralement sa vision et encore moins de choisir une solution particulière parce qu’elle favorise des gens dont on recherche les faveurs pour des raisons autres que la rentabilité financière.

Ainsi, lorsque le gouvernement québécois instaure une politique comme celle de la Cité Multimédia à Montréal, le premier ministre et ses fonctionnaires nous disent qu’ils savent mieux que les investisseurs et les gens de l’industrie quelles sont les entreprises les plus porteuses d’avenir. Ils nous disent qu’ils connaissent même l’endroit où elles devraient s’établir et qu’ils sont ainsi justifiés de légiférer et de dépenser l’argent des contribuables pour atteindre ces objectifs.

Comme l’a démontré Pierre Desrochers dans une étude sur les «cités» (voir Les «cités»: Une politique efficace pour la nouvelle économie?), il n’y a aucune raison de croire que les conditions géographiques associées à ces avantages fiscaux sont bénéfiques. Au lieu d’offrir des incitatifs fiscaux ciblés, Québec devrait laisser jouer les forces du marché, c’est-à-dire baisser les impôts pour tous et laisser chaque entrepreneur décider du lieu de ses bureaux et des liens à développer avec le milieu.

En fait, qui peut nier que l’ensemble des experts de l’industrie du multimédia, les investisseurs et les gens qui connaissent le marché immobilier montréalais ne prendront pas, par l’intermédiaire du marché, de meilleures décisions que quelques fonctionnaires isolés?

Un processus compétitif et décentralisé qui récompense les bonnes idées et punit les mauvaises maximise les probabilités de découvrir une approche suffisamment complexe et détaillée pour résoudre le problème. C’est tout le contraire d’avoir une réponse toute faite pour tout.


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