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L’IEDM dans les médias

Textes d'opinion

4 janvier 2003janvier 4, 2003

Les causes de la richesse des nations

Les Affaires, p. 8

Les causes de la richesse des nations

Pourquoi certaines économies se développent-elles pendant que d’autres stagnent ou déclinent?

Serait-ce à cause d’une riche dotation en ressources naturelles?

Cette explication ne tient pas la route à la lumière des performances décevantes ou médiocres de la plupart des pays d’Amérique latine et d’Afrique, et de plusieurs pays du golfe Persique, qui en sont bien pourvus.

Que penser du rôle de la recherche universitaire et du nombre de diplômés en science et en génie? Les États-Unis ont les meilleures universités, mais l’investissement massif dans la formation de chercheurs dans les pays communistes n’a pas empêché leur débâcle économique.

Le facteur qui me semble le plus crucial est le degré de liberté économique, soit le droit pour un citoyen de dépenser son argent comme il le veut sans un fardeau fiscal ou réglementaire excessif, de laisser la production se déterminer par les mécanismes du marché sans l’intervention des gouvernements, et de choisir son emploi sans interférence gouvernementale.

Pourquoi cette liberté est-elle si importante? Parce que toute transaction librement négociée doit rapporter aux deux parties, sinon la partie désavantagée y mettra fin. Les consommateurs choisissent des produits supérieurs par leur qualité ou par le prix, ce qui force les producteurs à s’améliorer constamment.

Toutes les économies sous-développées sont sous l’emprise de bureaucraties étouffantes qui faussent ce processus. L’économiste péruvien Hernando de Soto a démontré qu’un individu qui veut acheter légalement un terrain en Haïti doit remplir 176 procédures administratives et investir près de 19 ans de sa vie avant d’arriver à ses fins. En Égypte, un individu qui veut construire une maison sur une dune de sable doit visiter 31 agences gouvernementales, remplir 77 procédures et attendre au moins 17 ans pour réaliser son projet. Les pays sous-développés ne sont pas pauvres parce qu’il y a des pays riches, mais parce qu’ils étouffent la créativité de leurs citoyens les plus entreprenants.

Il y a près d’une décennie que des organismes de recherche étudient cette question en examinant la taille de l’État, la fiscalité et la liberté du marché du travail. Ils ont découvert une corrélation très forte entre la liberté économique et la prospérité à travers le monde.

Récemment, l’Institut Fraser publiait la première étude comparative de la liberté économique dans les États américains et les provinces canadiennes. Comme on pouvait s’y attendre, nos provinces se retrouvent au bas du classement, loin derrière les États américains. Seule l’Alberta se situait un peu plus haut dans l’échelle avec un degré de liberté moyen et une prospérité du même ordre. Le Québec partage le dernier rang avec l’Île-du-Prince-Édouard. Sans surprise, le Québec est plus pauvre d’un tiers par rapport à l’Ontario et à peu près de la moitié par rapport aux États américains les plus libres.

Ces études semblent démontrer qu’un gain de 10% sur l’échelle de liberté économique dans les provinces entraînerait une augmentation de 3 800 $ du PIB per capita. Alors que plusieurs sondages nous laissent croire que les Québécois sont prêts à libérer leurs marchés, on peut être raisonnablement optimiste quant à l’avenir.

Souhaitons-nous une nouvelle année plus libre économiquement et, conséquemment, une amélioration de notre prospérité!


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