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L’IEDM dans les médias

Textes d'opinion

1 février 2003février 1, 2003

Les fonctionnaires sont-ils utiles?

Les Affaires, p. 14

Les fonctionnaires sont-ils utiles?

Selon une opinion répandue, Les fonctionnaires seraient paresseux, inefficaces et incompétents. Cette croyance repose peut-être sur quelques cas réels, mais la plupart des fonctionnaires auxquels j’ai eu affaire m’ont semblé aimables, dévoués et consciencieux.

Ce n’est cependant pas parce qu’une personne trime dur qu’elle fait oeuvre utile. Le fait de travailler dans le secteur public ou dans l’entreprise privée a des conséquences importantes à ce chapitre.

Dans le secteur privé, le travail d’un individu est évalué par sa capacité à répondre de façon satisfaisante aux besoins d’autres individus. Parce que les transactions y sont volontaires, elles ne peuvent s’y concrétiser qu’à la satisfaction de TOUTES les parties en cause.

Par exemple, le fait que je débourse un dollar pour me procurer un journal implique que je m’estime plus heureux de posséder un journal que d’avoir un dollar supplémentaire dans mes poches. De son côté, la personne qui me l’a vendu préfère avoir un dollar supplémentaire dans ses poches plutôt que d’avoir un autre journal sur ses tablettes.

Par contre, le travail acharné des employés d’un constructeur d’automobiles dont les voitures ne se vendent pas est contre-productif. Dans une économie de marché, ce constructeur ferait mieux de gérer autrement son entreprise ou de fermer ses portes afin de libérer les ressources qu’il consomme au profit d’autres entreprises qui en feront un meilleur usage.

Le travail des fonctionnaires n’obéit pas à la même logique car il n’est pas évalué sur la base de transactions volontaires. En effet, peu importe la pertinence ou l’efficacité du travail des employés de l’État, leur rémunération repose sur le pouvoir de ce dernier de percevoir des impôts. Si plusieurs employés de l’État ont des tâches qui contribuent directement au bon fonctionnement de la société, on ne peut nier que d’autres font sans doute plus de tort que de bien.

Par exemple, le travail d’un employé de l’État dont le mandat revient à interdire une entente volontaire entre un propriétaire de logements et un travailleur de la construction débouche sur des coûts de rénovation et des loyers plus élevés, de même qu’un taux de chômage plus important chez les travailleurs de la construction. Un fonctionnaire dont l’action entraîne un coût du lait plus élevé qu’il ne le serait dans un marché libre nuit à l’expansion d’une fromagerie artisanale.

Un critère pertinent pour déterminer le caractère souhaitable de l’intervention d’un fonctionnaire est celui de la présence d’une victime dans une transaction privée. Par exemple, le travail d’un fonctionnaire d’une commission des valeurs mobilières qui vient en aide à une victime de fraude me semble aller de soi. Par contre, le labeur d’un employé de l’État qui restreint les transactions volontaires bénéficiant à toutes les parties en cause me semble susceptible d’être contre-productif.

Pour terminer, voici quelques statistiques. Le secteur public, toutes catégories confondues, compte pour 20% de l’emploi total au Québec, contre 16% en Ontario et en Alberta. Parmi les pays du G-7, le Québec n’est dépassé à ce chapitre que par la France où ce ratio est de 24%, tandis qu’il n’est que de 13% aux États-Unis, 14% au Royaume-Uni et 6% au Japon.


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