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L’IEDM dans les médias

Textes d'opinion

30 août 2003août 30, 2003

La liberté individuelle et l’État

Les Affaires, p. 12

La liberté individuelle et l’État

Dans ma dernière chronique, j'ai présenté les avantages d'un système économique et social fondé sur la liberté individuelle. Je suggère maintenant que l'alternative est pire encore.

Quelques décennies avant la chute des régimes communistes, des économistes comme Ludwig von Mises ou encore Friedrich Hayek, lauréat Nobel d’économie, avaient démontré que la planification centrale ne pouvait fonctionner. Mais l'alternative entre liberté et coercition se pose aussi dans nos économies mixtes.

Depuis environ 50 ans, l'École des choix publics fondée par James Buchanan (autre Nobel en économie) explique comment les processus politiques et bureaucratiques sont généralement incapables de remplacer efficacement le marché. Selon cette école, les individus ne sont ni plus ni moins égoïstes quand ils participent aux décisions politiques collectives que quand ils font des choix économiques privés. Il faut comparer le marché non pas avec un État angélique, mais avec un État composé d'individus comme vous et moi.

Les élections sont plus efficaces que les coups d'État pour remplacer les gens au pouvoir, mais elles ne peuvent se substituer efficacement aux mécanismes du marché pour déterminer qui produit quoi, les prix et la répartition des revenus. Les résultats d'un scrutin indiquent surtout les préférences de l'électeur moyen, quand ils ne sont pas simplement irrationnels à cause des incongruités du scrutin. La majorité est toujours tentée d'exploiter la minorité en redistribuant les revenus.

Dans nos démocraties, ce sont les politiciens, les bureaucrates et les groupes de pression qui ont le gros bout du bâton. Les politiciens recherchent le pouvoir, puisque c'est ainsi qu'ils gagnent leur vie. Ils veulent donc satisfaire les intérêts de ceux qui les aident à atteindre cet objectif. Les intérêts que les politiciens favorisent sont, au mieux, ceux de la majorité; au pire, ceux de minorités qui font du bruit.

Les politiciens sont souvent dépendants des bureaucrates, qui ont intérêt à faire croître la bureaucratie et, donc, l'État. Il n'y a pas de raison de croire que la bureaucratie étatique soit représentative de l'intérêt général, ni qu'elle incarne une rationalité supérieure. Ainsi, la bureaucratie de l'Union Européenne n'est pas plus efficace que le marché pour évaluer l'efficacité de l'industrie de l'aluminium et l'offre publique d'achat lancée par Alcan sur Pechiney. Ce serait plutôt le contraire.

Les économistes des choix publics ont aussi démontré que, dans le combat politique, ce sont surtout les intérêts organisés et concentrés qui l'emportent sur les intérêts plus importants, mais plus diffus. Ainsi, lorsque le gouvernement fédéral verse un milliard de dollars chaque année à une entreprise ou une industrie, cela revient à 35 $ par résident. Aucun contribuable n'ira manifester pour épargner cette somme. Par contre, les représentants de l'industrie en question, patronaux et syndicaux, ainsi que tous ceux qui sont affectés par ses activités, mèneront un lobbying farouche pour préserver leur gagne-pain subventionné.

Certes, il y a des «défaillances du marché», mais les défaillances de l'État sont plus graves encore. Un régime économique et social fondé sur la liberté individuelle et les mécanismes de marché demeure le plus efficace pour satisfaire les préférences individuelles.

 

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